G20- Boukadoum plaide pour le multilatéralisme pour réduire les effets du Covid-19

La Communauté internationale n’a d’autre choix que de renforcer le système multilatéral si elle veut  arrêter la pandémie et bâtir un avenir plus sûr et meilleur pour tous, a déclaré mardi, le chef de la diplomatie algérienne, Sabri Boukadoum. « La pandémie de Covid-19 a révélé de nombreuses lacunes du système international et de ses mécanismes de réglementation », a soutenu M. Boukadoum, au cours de son intervention à la réunion des ministres des Affaires étrangères du G20, qui se tient à Matera en Italie.

Dans ce contexte, le ministre des Affaires étrangères a appelé à  réfléchir collectivement à la façon de corriger les faiblesses et jeter les bases d’un nouveau multilatéralisme fondé sur une gouvernance mondiale concertée et inclusive. « Comme plusieurs d’entre vous l’ont déjà souligné, la pandémie de Covid-19 nous a clairement montré la véritable signification du concept : personne n’est à l’abri tant que tout le monde n’est pas en sécurité », indique M. Boukadoum.               

Le chef de la diplomatie algérienne a relevé trois domaines sur lesquels la coopération internationale doit se concentrer davantage. Le premier domaine a trait au multilatéralisme soutenu par la solidarité mondiale. « Les niveaux de pauvreté et d’insécurité alimentaire en Afrique devraient augmenter considérablement, créant un climat présentant un fort potentiel d’instabilité et de conflit », met-il en garde. Face à ce constat, M. Boukadoum a appelé le G20 à «  jouer un rôle plus important pour assurer l’accès équitable aux vaccins en fournissant des vaccins, en partageant les connaissances et l’expertise, et en soutenant les initiatives régionales, telles que l’Africa Vaccine Acquisition Task Team (AVATT) ».

Le deuxième domaine concerne le multilatéralisme qui vise à assurer la croissance économique mondiale. Le chef de la diplomatie relève, à ce propos, que « les répercussions économiques de la Covid-19 ont été graves à travers le monde dans sa globalité y compris en Afrique, où elles menacent d’inverser la tendance de la de la remarquable croissance économique des 15 dernières années ». Cependant, M. Boukadoum a fait savoir qu’en dépit de ses impacts négatifs de grande portée, « la crise actuelle accélère les tendances telles que la numérisation, la consolidation des marchés et la coopération régionale, créant ainsi de nouvelles opportunités importantes ».

« Nous n’avons d’autre choix que de saisir toutes les occasions. Et la contribution opportune de nos partenaires, en particulier du G20, est extrêmement importante pour soutenir efficacement la reprise économique de l’Afrique après la Covid-19 », soutient le ministre. « Nos partenaires du G20 pourraient soutenir davantage les efforts en cours au niveau continental visant à exploiter l’innovation, à promouvoir le développement d’une industrie agroalimentaire et d’une industrie rurale inclusives et durables ainsi qu’à réduire la fracture numérique », enchaine M. Boukadoum.

Boukadoum : « L’Algérie continuera de défendre les valeurs du multilatéralisme »

Le ministre  a fait remarquer que « l’Afrique a énormément contribué à l’avancement du multilatéralisme, à travers l’Union africaine et d’autres initiatives transcontinentales qui envoient un message puissant de conscience et de solidarité transfrontalières », estimant que  « la Zone de libre-échange continentale récemment établie pourrait changer la donne pour les économies du continent ».

Ces initiatives et d’autres, poursuit le ministre, « ont non seulement démontré le dynamisme africain, mais ont également redessiné le discours du continent, qui est orienté actuellement sur la transformation socioéconomique et sur la présence et le leadership de l’Afrique dans le monde après avoir été focalisé sur les questions de sécurité ». Ces développements soulignent la nécessité pour les organisations internationales de travailler en étroite collaboration avec les institutions régionales pour soutenir les solutions locales », précise-t-il.

Enfin, M. Boukadoum est revenu sur le rôle de l’Algérie dans la défense des valeurs du multilatéralisme et ce à travers ses efforts visant, notamment à promouvoir les solutions politiques et pacifiques aux crises dans son voisinage. « L’Algérie continuera de défendre les valeurs du multilatéralisme telles qu’elles sont inscrites dans la Charte des Nations unies, tant dans ses efforts pour promouvoir des solutions politiques et pacifiques aux crises dans son voisinage (Libye, Mali, Sahel et Sahara occidental) que dans ses nombreuses initiatives visant à stimuler l’intégration économique régionale et continentale », a conclu le ministre.

Boukadoum : « la lutte contre l’insécurité alimentaire nécessite un effort collectif » 

Toujours lors de son intervention, ce mardi, à la réunion des ministres des Affaires étrangères du G20, le chef de la diplomatie algérienne, Sabri Boukadoum souligne que « la lutte contre l’insécurité alimentaire nécessite un effort collectif exceptionnel et une coopération multilatérale. Il y a un besoin pressant d’encourager la coopération Nord-Sud, Sud-Sud ainsi que la coopération triangulaire afin de lutter contre l’insécurité alimentaire et pour lancer des actions en vue de faire face au Covid-19 ».

Au moment où le monde engage une lutte contre la pandémie de Covid-19, une autre pandémie, celle de la faim, sévit depuis des décennies et continue de menacer les vies de millions de personnes, a signalé le ministre des Affaires étrangères. « Ce qui est étonnant c’est la persistance et même l’aggravation de l’insécurité alimentaire à travers le monde en dépit des succès réalisés dont les avancées majeures en matière de production alimentaire », a fait remarquer M. Boukadoum.

Il a rappelé, à ce propos, que durant l’année 2020, près de 690 millions de personnes ont souffert de la faim à travers le monde, soit 10 millions de plus qu’en 2019. Il a noté, en outre, que la crise sanitaire provoquée par la pandémie de Covid-19 a aggravé des problèmes déjà existant à l’image de « la pauvreté, la faiblesse des infrastructures des investissements et des ressources ». La pandémie a également eu un effet sur les circuits d’approvisionnement en nourriture, incluant principalement la logistique.

L’Algérie fait de son mieux pour aider ses voisins 

Le ministre des Affaires étrangères a évoqué, par ailleurs, les résultats réalisés par l’Algérie afin de garantir sa sécurité alimentaire. « L’Algérie considère sa sécurité alimentaire comme une question d’indépendance et de souveraineté. Notre stratégie a réalisé des progrès significatifs en 2019 avec une augmentation de 6,1% de la production agricole, d’une valeur de 29,1 milliards de dollars, ce qui représente 12% du PIB avec un taux de couverture des besoins alimentaires à hauteur de 73% », a-t-il expliqué.

« Nous faisons de notre mieux pour aider les pays voisins » faisant face au problème de l’insécurité alimentaire, a-t-il ajouté. « L’Algérie a réalisé des progrès remarquables en matière de lutte contre la sous-alimentation et la sécurité alimentaire. Elle a réussi à réduire le taux de sous-alimentation de 6% par an », a-t-il soutenu. M. Boukadoum a rappelé qu’en 2016, le taux de sous-alimentation était de 4,6% au moment où ce taux était de 13% (la même année) dans les pays développés », a-t-il affirmé.

RA

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